Femmes voilées….


Il m’a été quelques fois stupidement reproché de ne pas consacrer suffisamment de place aux prises de positions de ceux qui pratiquent (en silence ) un "Islam modéré".

J’ai pourtant consacré de nombreux billets reprenant des citations d’auteurs musulmans tels que Malek Chebel, Tahar Bendjelloul, Boualem Sansal, et bien d’autres encore.

J’ai souvent mis en évidence les propos de journalistes, -il se trouve que la plupart sont des femmes-, qui avec courage dénonçaient l’emprise sournoise d’un "islam conquérant", qui bénéficie, en Europe, de la "tolérance" , que dis-je, de la complaisance, des "belles âmes" qui s’efforcent, avec de moins en moins de succès, à imposer  l’ analyse "politiquement correcte" d’un phénomène qui, recèle de graves dangers pour l’équilibre, la stabilité, et j’ose l’écrire, l’identité de la nation républicaine.

L’auteure que je cite ici, appartient à une grande et vieille famille algéroise que j’ai personnellement connue

Lorsque le soir tombait autrefois sur Alger et que l’on circulait en direction du centre-ville, sur la "route moutonnière", une forte odeur d’huile d’olive flottait dans l’air. Cela voulait dire que l’on passait tout près des usines Tamzali.

Ce billet est consacré à la reproduction du point de vue de Wassyla Tamzali.

Cette femme qui a consacré une large part de son activité d’intellectuelle algérienne à la défense de la condition féminine, expose avec clareté, et un certain courage, la menace que fait peser sur notre société de "tolérance" la pression exercée sur les femmes, afin qu’elles entrent dans le moule dans lequel l’Islam politique cherche à les enfermer.

 Née en 1941, Wassyla Tamzali a été avocate à Alger puis directrice des droits des femmes à l’Unesco. Elle milite dans le mouvement féministe maghrébin. Elle a publié, en 2007, chez Gallimard, Une éducation algérienne. Là elle publie Une femme en colère – Lettre d’Alger aux Européens désabusés (Gallimard 150 p., 9,50 euros).

Q: Dans "Une femme en colère", vous vous demandez si le féminisme laïc a rempli son rôle historique.

R: Depuis plus d’un siècle des penseurs, des intellectuels, des féministes tentent de montrer que, sans renier l’islam, on peut arriver à des attitudes différentes de celles qui ont cours. Un constat de mon livre, c’est que ce travail n’a pas eu de prise sur l’intérieur même du problème. D’où mon intérêt pour l’apparition en force de ces femmes qui se battent en restant dans le giron de la religion, et ma question : "Le féminisme laïc a-t-il fait son temps ?" Mais c’est une figure de style.

Je suis, et je reste, ancrée dans une culture universaliste. Le féminisme maghrébin auquel j’appartiens a été porté par les mouvements de décolonisation avec la participation massive des femmes, et, quels que soient les résultats, ces mouvements parlaient de liberté et d’égalité.

Q: Vous êtes pessimiste sur la situation des femmes aujourd’hui. Croyez-vous vraiment que les avancées sociales soient de simples réaménagements du système patriarcal ?
R:
Si les réformes sociales sont la seule solution, oui. Que penser du travail si les femmes sont de plus en plus obligées de se voiler pour aller travailler ? La culture du harem a pris possession de la rue, ce n’est pas la modernité qui est entrée dans les maisons ! Prenons l’éducation, qui est la panacée des réformateurs. A travers l’éducation religieuse dans les écoles on enfonce dans la tête des petits que la domination des femmes est voulue par Dieu.

Notre tradition méditerranéenne n’a peut-être pas inventé la domination des femmes, mais le système familial le plus efficace pour la maintenir vivante assurément. Les Etats modernes post-coloniaux ne nous ont pas libérées de la "République des cousins", pour reprendre Germaine Tillion. Même le texte coranique n’est pas arrivé à bout de la morale sexuelle méditerranéenne. Le Prophète de l’islam avait pourtant ouvert une brèche dans la domination masculine séculaire. L’homme et la femme, créés en même temps, sont chassés du paradis pour une faute commune : "Vous continuerez à vous battre jusqu’à la fin des temps." Ça n’a pas duré longtemps, avec le temps les exégètes ont rétabli l’idée d’une femme diabolique et dangereuse, d’où l’idée de l’enfermer.

Aujourd’hui nous sommes confrontés à un vaste chantier d’endoctrinement sur l’infériorité des femmes mené par des savants, par l’école, les télévisions par satellite, les cassettes audio, les prêches des mosquées, les milliers d’imams autodidactes, et des stars médiatiques. Alors quand, ici, à Paris, on me parle de liberté et de choix de se voiler, je souris.

La question de l’égalité est une question éthique ; elle doit être abordée sur le plan des principes et pas par des réformes sociales. D’où la nécessité de la laïcité, elle seule peut renverser les rapports d’oppression dont souffrent les femmes et les hommes dans les sociétés musulmanes ; seule la laïcité peut conduire à l’émergence d’une conscience moderne musulmane.

Q: La manière dont ce débat est posé en France fait, selon vous, que les féministes elles-mêmes ne mettent plus l’égalité au centre de leurs préoccupations.

R: Certaines féministes, dont les discours confortent les antiféministes. Elles rejoignent une frange de l’intelligentsia de gauche qui pense qu’on ne peut plus changer le monde et qu’il faut l’accepter comme il est. Aujourd’hui on veut dialoguer avec tout le monde, on balaye toutes les difficultés et on cache la poussière sous le tapis pour avoir la paix. On ne veut pas aborder les questions de fond. On semble tout accepter dans un mouvement de fraternité retrouvée mais, en réalité, c’est pour mieux contrôler la planète.

Notre époque est celle du dérapage contrôlé. Ce sont les femmes qui payent, et les féministes que l’on envoie au casse-pipe se battre contre des bouts de chiffon. Le voile, la burqa sont des leurres sur lesquels nous nous épuisons. Nous sommes réduites à des combats ridicules, alors que le fond est grave. Qui s’intéresse au fond des choses ?

Q: Qu’avez-vous envie de dire aux filles, qui, en France, revendiquent le port du voile ?
R:
Qu’elles sont tombées dans un piège. Certaines se sont voilées par jeu, par provocation, mais aussi par rébellion contre l’ordre dominant, trouvant là une définition de la liberté. J’ai envie de leur dire qu’on ne peut pas exprimer sa liberté en se jetant pieds et poings liés dans une culture dont l’objectif est la domination des femmes.

Les mouvements des années 1970 ont été le rejet de toute identification. Aujourd’hui, on ne se lève que pour revendiquer son identité et, en général, une identité de victime ; exemple, les Indigènes de la République, les prostituées… Face à quoi on nous demande d’abandonner l’idée que l’histoire va dans le sens de l’émancipation des femmes et de l’égalité pour tous.

Nous serions des ringardes, et les femmes voilées représenteraient le futur né des couches de la liberté, et de la décolonisation. Elles aident à la démocratie réelle et nous entretenons des conflits de culture entre les peuples !

Q: Vous êtes également critique à l’égard de l’islam modéré.
R:
L’islam modéré est un concept politique. Il concerne les appareils politiques, il relève de la tactique politicienne et ne m’est d’aucune aide, je dirais même qu’il est dangereux. Ce qui m’intéresse, c’est de m’interroger avec ceux qui partagent mon histoire, mes inquiétudes comme mes espoirs, sur ce qui fait peur aujourd’hui dans l’islam. Et d’abord en parler avec les musulmans.

Ils sont nombreux à rejeter l’islamisme sous toutes ses formes. Je voudrais leur dire qu’au lieu de voir dans le débat sur la burqa les signes du racisme, ils devraient dire qu’ils refusent la burqa et que c’est abject de vouloir mettre les femmes dans cette posture. Une grande manifestation dans ce sens aurait changé la face du problème, dont la clé est entre les mains des musulmans silencieux, et de leur courage de dire ce qu’ils pensent. Ces musulmans existent, ils sont très nombreux, mais pour l’heure leur musique est ténue, faible, elle n’intéresse pas les médias.

Q :Comment expliquez-vous qu’au Maroc, en Algérie, en Tunisie, des femmes intellectuelles décident de se voiler ?

R :On évoque plusieurs raisons, et j’en vois plusieurs, comme la recherche d’une honorabilité, une bonne conduite, l’affichage de sa soumission pour attirer les hommes, etc. Mais je veux dire ici que l’explication religieuse ne me convainc pas, j’ai vécu l’islam dans ma famille où les femmes et les hommes pratiquaient leur religion sans avoir besoin de tous ces signes. Je crois plutôt que la raison principale est que le voile est vécu comme un rempart contre la violence sexiste, symbolique ou exprimée.

Il y a des écoles et des universités, des lieux, en Algérie, où l’on ne peut plus être dévoilée. En arabe algérien on dit qu’une femme dévoilée est nue, ce qui en dit long. C’est un rempart illusoire ; dans mon livre je montre l’escalade de la violence dans les rues arabes où il y a de plus en plus de femmes voilées.

Vous dites que même où l’islamisme politique n’a pas triomphé, l’islamisation des moeurs est en train de gagner.

Oui. Désormais, l’islamisation des moeurs triomphe, elle s’étend sous la bonne garde de la violence islamique qui n’est qu’endormie. Je ne me fais pas d’illusion. Mais je suis une irréductible optimiste. Les "bonnes musulmanes" qui se battent dans le giron de la religion sont la preuve que le phénomène d’oppression ne peut durer éternellement. Et aussi parce que de notre côté, nous, féministes laïques, nous sommes toujours mobilisées, avec les hommes et les femmes de nos pays qui ont, malgré tout, le goût de la liberté.

Propos recueillis par Josyane Savigneau
Source: Wassyla Tamzali : "Désormais, l’islamisation des moeurs triomphe"
LE MONDE | 11.12.09 | 14h01  •  Mis à jour le 11.12.09 | 14h01

Pour ceux qui ne savent pas qui est Wassyla Tamzali, cette notice les éclairera.

Wassyla Tamzali a vingt ans en 1962, au moment de l’indépendance de l’Algérie. Elle est issue d’une famille de notables, riches propriétaires de pressoirs commerçant l’huile avec l’étranger. Ses ancêtres paternels viennent de l’empire Ottoman. Sa mère est espagnole. Sa jeunesse ne lui a laissé que des souvenirs de bonheur et de soleil. La guerre, l’indépendance, puis la réforme agraire et la nationalisation des propriétés familiales vont tout changer. Tout bascule en 1957, le jour où son père est assassiné par une toute jeune recrue du FLN. Le livre s’ouvre sur ce drame et se ferme à l’issue de l’enquête de toute une vie sur le ‘pourquoi‘ de ce meurtre. Pour l’auteur, l’assassinat du fils aîné d’une famille qui, bien qu’algérienne, dominait la ville, habitait une ferme coloniale et vivait ‘à la française‘ ne pouvait avoir qu’une signification : la revanche des tribus. La mère de Wassyla décide malgré tout de rester à Alger plutôt que de choisir l’exil. L’auteur s’enthousiasme alors pour la construction de l’Algérie nouvelle, fréquente le petit monde en ébullition de la Cinémathèque d’Alger, participe aux élans de la révolution, avant de céder devant les désillusions du socialisme réel et la répression et de choisir l’exil à Paris, où elle rejoint l’Unesco. Pendant vingt ans, l’auteur y mène de nombreux combats pour les droits des femmes, dont elle devient une porte-parole estimée.


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19 réflexions sur “Femmes voilées….

  1. berdepas Auteur de l’article

    @Mme Mellé.
    Il n’y a rien à ajouter à votre commentaire, que pour ma part j’approuve pleinement.
    Le problème, celui qui fait fréquemment l’objet de mes billets, ce n’est pas l’islam tranquile, celui que vivent beaucoup de musulmans, dans la discrétion et le respect de notre savoir "vivre ensemble".
    Malheureusement, ces musulmans là, sont les victimes des sentiments de rejet que suscitent les autres, ceux que vous décrivez comme "les barbus", ou les femmes voilées qui portent sur les autres femmes, du haut de leur "soit-disant pureté" un regard chargé de mépris et qui les considèrent comme des "putes". Car leur discrétion, et peut-être leur souci de ne pas se désolidariser des autres, même s’ils ne partagent pas leurs prétentions de vouloir nous imposer des règles de vie et des moeurs incompatibles avec notre culture les rend inaudibles et ils sont les victimes d’une généralisation excessive.
    C’est pourquoi, tout en condamnant les "islamistes" militants, tout en dénonçant leurs excès, je ne rate pas une occasion de rendre justice aux musulmans qui comme Wassilia Tamzali ou Malika Sorel revendiquent le droit justifié de vivre leur foi dans le cadre d’une laïcité "à la française" qui est un des piliers de nos Institutions Républicaines.
    Mais ce qui provoque de temps à autres mon irritation, ou ma colère c’est la naïveté de ceux qui pensent que ce que j’appele "l’Islam militant"ne représente pas un danger pour notre société, et qui font mine de croire que toute critique de ces comportements "militants" s’adresse l’ensemble des musulmans. Ceux-là, consciemment ou non, se rendent complices d’une stratégie de conquête qui compromet le futur de nos enfants et petits-enfants.

  2. Anne-Marie Mellé

    @ berdepas. En effet, algériennes ou pas d’ailleurs. Rien ne prouve que cette affirmation qui court sur les réseaux, selon laquelle la majorité des femmes voilées, en France, seraient françaises de souche, ne soit pas qu’une manoeuvre de désinformation pour désarmer les opposants au port du voile (sous toutes ses formes). Je vis dans une banlieue qui comporte 79 nationalités, je m’y sens bien, je n’ai jamais eu le moindre problème avec des voisins pour des raisons liées à leur religion. En revanche, en tant que Française pur jus (j’ai fait mon arbre sur généanet, alors je ne parle pas au hasard!) je suis très tolérante … pour les tolérants. Deux de mes nièces, françaises, ont épousé des Tunisiens. cela se passe très bien. D’ailleurs ils vivent comme nous et, s’ils sont croyants, ils le gardent pour leur vie privée. Comme nous.
    Ce que je remarque, c’est qu’on parle toujours des femmes voilées (quel que soit le
    voile, mais jamais des hommes islamistes, avec la djebbah, le calot sur le crâne, la barbe, les schlecks (les sandales), et le poil aux pattes! certains, dans les lieux publics (supermarchés, par ex;) cherchent manifestement l’incident. J’en ai vécu un moi-même pour avoir prétendu passer dans une allée bouchée par une famille, ses enfants et le caddie:"Attention, disait le père, la dame elle te fait les gros yeux, elle va te manger!" cherchant à attirer sur moi la réprobation et les regards.
    C’était grotesque et bête, mais on ne sait jusqu’où peut dégénérer ce genre d’incidents. A l’inverse, je me suis trouvée récemment hospitalisée dans mon secteur, avec plusieurs femmes musulmanes, qui étaient on ne peut plus gentilles , serviables, et se comportaient discrètement. Il ne faut pas généraliser. La seule chose qu’on puisse dire, en tant que français depuis des générations, c’est que nous sommes en droit d’exiger qu’on respecte nos usages et nos lois, ainsi que nos personnes, et qu’on ne cherche pas à pervertir notre culture dans l’esprit des enfants. Notre culture, c’est celle des humanistes et des philosophes, sur laquelle nous vivons encore, et que nous devons à notre tour représenter et défendre lorsqu’elle est niée. AMM.

  3. Jacques

    Qui ne dit mot consent, non ? Puisque j’avais déjà fait deux remarques ci-dessus à la parution de ce billet…
    Ce n’est tout de même pas moi qui vais me plaindre que des Musulmans non fanatisés s’expriment !

    "Il m’a été quelques fois stupidement reproché de ne pas consacrer suffisamment de place aux prises de positions de ceux qui pratiquent (en silence ) un « Islam modéré »."
    dites-vous en introduction. Et il me semble que je dois faire partie de ces "stupides"….

    jf.

  4. berdepas Auteur de l’article

    @Jacques: en effet, ce qui rend le phénomène encore plus surprenant, et montre que le prosélytisme des adeptes de cette religion est efficace.
    Pour répondre à votre interrogation: j’aurais été fort intéressé par votre point de vue sur les propos de Mme Tamzali. Lorsque des musulmans non fanatisés s’expriment, leur point de vue mérite d’être au moins commenté, sinon approuvé……

  5. Jacques

    Notons que selon nombre d’avis autorisés, la grande majorité des femmes portant la burqua en France sont des…Françaises de souche ….

    jf.

    PS: Et pourquoi me dites vous cela ????:
    @Jacques:Manifestement le « bon sens » de Mme Tamzali ne semble pas vous avoir pénétré….

  6. berdepas Auteur de l’article

    @Mme Melle. Je partage, pour l’essentiel, votre analyse, en raccourci des causes du destin tragique de l’Algérie. Mme Tamzali est une voix autorisée pour en parler: elle a vécu, du côté algérien, la longue descente aux en fers de ce beau pays. Des excès de l’Islam, elle connaît l’enchaînement de leurs conséquences : GIA, lutte anti-terroriste, Police brutale et secrète, desespoir de la jeunesse condamnée à fuir un pays riche, etc…..
    Mais rien de tout cela n’autorise les femmes d’origine algérienne qui vivent en France à sombrer dans un Islam provocateur, qui n’est même pas toléré dans leur pays d’origine.

  7. Anne-Marie Mellé

    Si l’on remonte aux causes de la guerre d’Algérie et à la décolonisation, l’analyse qui est faite par votre article sur Mme Tamzali rappelle un fait tout simple: on a pris leur terre aux paysans arabes et berbères, aux tribus du XIXe siècle, à une époque où cette politique d’expansion était tout à fait admise en Europe , et leurs descendants ont payé pour un crime qu’ils n’ont pas commis, et dans un pays qu’ils considéraient comme le leur, et qu’ils aimaient. Ils ne pouvaient pas comprendre, eux qui étaient nés là et qui vivaient de leur travail (souvent des petits colons) que la population locale les haïsse. Les espoirs fous de liberté et de démocratie suscités par l’indépendance Algérienne ont vite tourné court, et c’est tout un peuple qui s’est laissé volé sa révolution, par un groupe politique qui a eu recours aux pires méthodes… Police, GIA, ce n’est pas si loin (emprisonnement, torture, tueries), laissant sa jeunesse sans perspective d’avenir. C’est la tradition des clans: protection contre obéissance. Où est l’avenir de ce pays?

  8. berdepas Auteur de l’article

    @Mme Mellé:Dommage que le jugement de votre chien ne soit pas allé jusqu’à interpéter et commenter l’opinion de Mme Wassila Tamzali, en lui attribuant un "ouaf" d’honneur !!!
    Ceci dit, je partage votre opinion sur l’inutilité de cette Loi, qui n’empêchera pas celles qui ont fait du port du voile intégral, une provocation de continuer à piétiner les usages de la société française .

  9. Mellé Anne-Marie

    Sur mon blog, j’attribue un "ouarf" d’honneur, en principe chaque semaine, à un fait, une personne, un objet, un texte, qui me semble mériter un enthousiasme sans faille, comme lorsque mon chien s’exprime lorsqu’il voit qu’on va aller se promener… Ce qui implique que le jugement de mon chien est pour moi important, naturel, non truqué…. Alors je vous ai emprunté une photo bien jolie, celle de cette femme voilée bleu-blanc-rouge, en indiquant l’adresse, bien sûr. Je ne porte pas de jugement. C’est une question très compliquée. Il me semble que cette femme a voulu exprimer le plus difficile, qu’on peut se sentir française et musulmane à la fois, puisque que ces deux options ne se situent pas sur le même plan.
    Tout cela pour montrer que quand on vote des lois inapplicables, on passe pour des imbéciles… mais que cela ne me plairait pas, à moi, française non musulmane, d’être contrôlée dans la rue. On peut toujours trouver un prétexte pour fliquer les gens. Voilà. AMM51

  10. Jacques

    Eh bien vous allez être content puisque le Porte-parole du Parti Socialiste a annoncé ce matin que son parti était contre une loi sur cette question….

    Vous voyez, ils ne sont pas toujours aussi….c… que vous l’écrivez si souvent….

    jf.

  11. berdepas Auteur de l’article

    @Jacques:
    Je crois ne pas me tromper en affirmant que cela se dit encore !!!!
    Mais comparer le voile des "bonnes soeurs"à la burqa, c’est pousser le bouchon un peu loin !!!
    Ceci dit, je profite de cette occasion pour réaffirmer mon opinion sur cette question.
    Une Loi interdisant le port de la Burqa serait inopérante, et inciterait celles qui sont candidates au port de cet accoutrement à aller le plus loin possible dans le sens de la provocation, et de la contestation de nos valeurs.
    Par contre, et votre propos me sert d’argument, j’espère que les humoristes s’en donneront à coeur joie sur les porteuses de voile intégral, comme il le font depuis la IIème République, sur les curés et les "bonnes soeurs"….

  12. Jacques

    Et dire que pas plus tard que dans ma jeunesse on disait encore qu’une jeune fille qui devenait bonne soeur:

    "elle prend le…VOILE".

    Amusant, non ????

    jf.

  13. berdepas Auteur de l’article

    Certes, les femmes "non voilées" n’ont pas à s’exprimer en votre nom, mais elles ont le droit de s’exprimer en tant que femmes qui, tout en respectant les préceptes de l’Islam, ont choisi de rester des êtres de chair, et non de devenir des ombres noires….

  14. nous ensemble

    L’habit ne fait pas le moine, dit-on.
    Le voile ne fait pas la Musulmane.

    Ce qui doit être construit n’est pas l’apparence mais le contenu, l’âme,l’esprit.
    Se parer d’un voile ou d’un vêtement ne modifie en aucun cas l’intérieur. C’est le regard de l’autre qui est modifié.
    Que la bouteille soit belle ou pas ne modifie en rien le contenu.

    Donc le voile et l’expression d’une impossible stabilisation de l’être. Alors on masque cette échec par le voile.
    Comme on l’a vu, le voile modifie le regard de l’autre , celui des hommes musulmans, on s’en accoutre, pour que le regard de l’homme musulman soit modifié.
    En fait pour être tranquille.

  15. hanmk

    L’avis de cette imminente personne, fruit de son éducation et expériences, est respectable car il lui est propre.

    Cependant, IL NE PEUT PAS ÊTRE UNE RÉFÉRENCE.
    car c’est un avis PERSONNEL

    Je fais partie de la tranche des femmes arabes voilées, qui ont vécu dans un milieu complétement laïque, possèdant une formation académique de deuxième cycle universitaire, et qui du moment qu’elles ont lu le CORAN et qu’elles avaient compris que la femme musulmane est VOILÉE, elles ont décider de devenir des VRAIS femmes musulmanes ET se sont voilées.

    On nous apprend d’être intègre et juste…
    Je trouve qu’être intègre est d’abord et avant tout accepter de s’affirmer en tant que musulmane tout en portant le voile car on ne peut pas être musulmane et mettre de côté et dénigrer la sunna et sourat al-nour verset 31.

    Je demande aux femmes qui ne sont pas voilées de ne pas parler en notre nom…
    Et si elles décident de le faire pour une raison ou une autre, elles doivent le faire PROPREMENT en parlant AUSSI de celles qui portent le voile: sans pression, sans politique, sans soumission (sauf à Allah), sans but caché, sans vouloir être à la mode ou suivre un courant …simplement par foi…

    Merci à toutes et à tous

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